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Publié par Madeleine de Tomojo le

Carac'Terre : Gerald Cohen, publiciste et écrivain engagé

La monde est aujourd'hui en pleine prise de conscience écologique et c'est en partie grâce à des livres comme 10 milliards - La déferlante durable de Gerald Cohen. Nous vous faisons découvrir aujourd'hui ce publiciste et écrivain engagé pour la planète qui nous inspire (et Moush aussi !).

Peux-tu te présenter ? 

Je suis publiciste et écrivain. J’ai fondé mon Bureau de Presse spécialisé dans la mode il y a 25 ans. J’ai débuté ma carrière en conseillant les jeunes marques de l’époque qui s’appelaient L’Eclaireur, Tod’s, Zadig&Voltaire, Géox ou Hugo Boss... En 2012, j’ai lancé le Concours BABYBRAND® destiné à repérer et valoriser la nouvelle génération de marques mode & alimentation, Durables.

J’ai écrit un premier livre, La mode comme observatoire du monde qui change (2015), où j’analyse le monde au travers du prisme de la Mode, sur 3 générations. Je viens de publier mon deuxième livre 10 milliards - La déferlante durable où j’évoque les problèmes de notre société (consommation effrénée, gaspillage, pollution et destruction) et les initiatives naissantes de ce monde qui change, pour le mieux.

 

Gerald Cohen, Carac'Terre

 

Pourquoi as-tu-choisi cette voie ?  

J’ai toujours eu le goût de la découverte, de l’intérêt pour les autres, puis après avoir choisi  mon métier, le goût d’anticiper les tendances. Ma préoccupation a toujours été d’accompagner la génération de marques actuelles, les marques contemporaines à mon époque. Le passé ne m’intéresse pas trop. Comme la mode sert de modèle de communication à toutes les industries : la finance, l’art, la technologie y compris l’alimentation… je m’intéresse à la communication de multiples univers. 

Peux-tu nous en dire plus sur ton enfance et ton parcours ?

Je suis né en Afrique, au Gabon et j’ai vécu jusqu’à mes 18 ans en Haïti. Quand j’étais enfant je voulais être agronome. Comme je vivais au plus proche de la nature et qu’il y’avait de nombreux problèmes de pauvreté et d’éducation, je pensais que cela pourrait un être passionnant d’être utile. 

Quand suis arrivé à Paris à la fin des années 80 pour faire des études de sciences économiques et droit, tout le monde me parlait de publicité, j’ai donc suivi le mouvement sans rien y comprendre. J’ai rencontré par hasard sur les Champs-Elysées le patron du Concept Store L’Éclaireur qui débutait et, sur un malentendu, je suis devenu son attaché de Presse

On aime bien la thématique de l'alimentation chez Tomojo : quel était ton mode d'alimentation quand tu étais plus jeune ? Et celui de maintenant ?

J’ai eu la chance de naître et de vivre en Afrique, la terre n’y était pas travaillée avec de l’engrais ni pesticides, tout était naturel. Nous mangions des produits frais et locaux.  

À 18 ans, en arrivant en France, j’ai découvert les Fast Food, et j’ai adoré ça ! C’était de mon âge, l’air du temps. J’ai arrêté le sport et j’ai continué à boire et à manger tout et n’importe quoi.

Le processus d’écriture de mon livre m’a amené à réfléchir à mon alimentation. Le fait de me documenter, de lire énormément, de rencontrer des professionnels et de comprendre les dangers notamment pour ma santé a suscité chez moi de multiples changements. Maintenant je mange de la viande deux fois par mois, je l’achète sur l’application AH la Vache qui se fournit en Normandie et livre dans un rayon de 200 km. Je me suis abonné à une AMAP et mange beaucoup de légumes

Peux-tu nous dire quelles étaient tes motivations pour écrire 10 milliards : la déferlante durable ?

En 2018, j’ai lu que le fonds BlackRock n’investirait plus dans des marques qui n’ont pas de politique RSE car les consommateurs ne voudront bientôt plus des marques construites sur le modèle ancien. Des marques qui ne feraient pas de l’Altruisme le fondement de leurs entreprises (Respect des travailleurs, traçabilité, etc). Je me suis donc penché plus sérieusement sur ce sujet que je connaissais déjà un peu puisque je travaille avec de nombreuses jeunes marques, toutes durables. 

Plutôt que d’écrire un livre qui traite d’un seul sujet durable (mode ou alimentation, etc), j’ai voulu traiter tous les sujets ensemble : l’art, la politique, la mode, l’hôtellerie, le tourisme, les ONG, les célébrités. J’ai recensé sous forme de stories les différentes solutions qui émergent dans toutes les industries, à commencer par la mode qui joue un rôle très important dans la visibilité des nouvelles tendances green. Parce que dans les années à venir et pour les décennies qui suivront, le développement durable et ses bonnes pratiques seront déterminants dans l’acte d’achat

Quels sont tes gestes quotidiens envers la planète pour réduire ton empreinte dans ta vie quotidienne ? 

En écrivant ce livre j’ai eu une prise de conscience sur beaucoup de choses. Avant je ne me sentais pas du tout concerné par l’environnement ni la pollution, je suis un citadin endurci. 

Avant je ne cuisinais jamais, je ne mangeais jamais chez moi, mon frigidaire était vide. Aujourd’hui, je cuisine et je mange équilibré. Je me suis remis à faire du sport, à faire attention à ma santé. Quand l’on commence à se pencher sur son alimentation et sa santé on fait attention à tout : ça me dérange énormément de côtoyer des gens qui fument, qui jettent leurs mégots par terre par exemple ou qu’il y ait autant de voitures dans Paris.

Je lutte contre les emballages et suremballages plastiques (maintenant j’achète en vrac), etc… Je n’achète plus que 3 ou 4 pièces de mode et accessoires par saison. Je possède quelques costumes, fabriqués à Londres sur mesure il y a 20 ans, en très bon état, 3 bons manteaux et 2 trench, 6 paires de bons souliers qui vont me tenir longtemps. J’ai récemment recyclé la moitié de mon vestiaire chez Emmaüs. 

Mais ce que je fais aujourd’hui, je ne le fais pas pour sauver la planète, je le fais pour moi. Je ne veux pas me poser en donneur de leçons. Si chacun de nous faisait de même, un peu chaque jour, le monde irait mieux.

Comment vois-tu l’évolution des choses pour le climat ?  De la mode et du luxe ?

Nous allons vers un monde nouveau : dans 5 ans, beaucoup de marques Fast Fashion & de Luxe auront disparues. On ne pourra plus dire « j’adore Dior ». On ne pourra plus adorer un sac qui a été fabriqué en faisant souffrir des animaux, ni remplir une armoire avec des vêtements qui auront participé activement à la destruction de la planète et que l’on ne portera jamais. L’industrie du luxe a très peur : malgré leurs efforts (LVMH, Kering et d’autres ont engagé des armées de « Chevaliers Verts » pour transformer leur sourcing et leur discours), ils savent qu’on ne les croira pas. Leur discours ne peut changer aussi radicalement sans être suspect. On se souviendra tous que depuis 30 ans les marques de Luxe nous incitent à tout consommer, à jouir de tout sans entraves. Le public voudra de nouveaux acteurs. 

Les grands vainqueurs des décennies à venir seront les antispécistes et les animaux. Je pense que vos enfants hallucineront que nous ayons pu manger de la viande, faire souffrir des animaux pour se vêtir. À leurs yeux, nous serons des criminels, des génocidaires, ils nous enverront en tôle pour ça.

Nous on définit le Mojo comme quelque chose qui te redonne la pêche/ton énergie, alors toi qu'est ce qui te redonne le Mojo ?

Je me suis remis à courir tous les jours depuis deux ans. Je cours pendant 45 min, puis j’enchaine avec une petite série de pompes et d’abdos, ça me fait un bien incroyable ! 

Tu es plutôt…

Cat Stevens ou Michel Berger ? Cat Stevens 
Tintin et Milou ou Obélix et Idefix ? Ni l’un ni l’autre : Corto Maltés (le gentilhomme de fortune)  
Team chien ou team chat ? Posséder un être vivant m’a toujours paru une bizarrerie… 

Si tu devais donner un conseil à nos lecteurs pour aider la planète dans la vie de tous les jours quel serait-il ?

Arrêtez de consommer de la merde !! Pour faire un burger à la chaîne il faut raser des forêts. Pour faire un t-shirt à 2 euros il faut utiliser des centaines de litres d’eau et exploiter des personnes à l’autre bout du monde. Cette consommation désordonnée nous coûte très cher. C’est parce que l’on a touché à la nature que nous sommes tombés malades.

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